Mission chrétienne pendant la colonisation


La christianisation associée à l’ère coloniale

Introduction

Il est plus qu’évident que sur le plan historique le christianisme a précédé la colonisation sur le continent. Même à l’orée du 19 e siècle, les missionnaires étaient postés sur la plupart des fronts missionnaires avant l’arrivée des colons.
Cependant Il n’y aucun doute sur le fait qu’il exista dans plusieurs domaines une interrelation tactique et idéologique entre la colonisation Européenne du 19e siècle et l’évolution du mouvement christianisateur de l’Afrique de l’époque. Le sentiment de continuité qui exista en Afrique sur le lien entre ces entreprises normalement distinctes dans leur identité est bien représenté par cette assertion attribuée à Ménélik II : « D’abord les explorateurs, puis les missionnaires, puis finalement les soldats »
 La question n’est donc pas de savoir si le christianisme fut le fruit de la colonisation. La réponse est clairement négative. Il est plus pertinent de se préoccuper de savoir quelles furent les interrelations qu’il eut entre christianisme et colonisation au 19 e siècle.
A ce sujet deux questions essentielles se posent. Premièrement comment les missionnaires furent-ils instrumentaux dans la pénétration coloniale et deuxièmement en quoi la pénétration coloniale a-t-elle influencé l’œuvre missionnaire de l’époque.
En toute honnêteté, la discussion de ces questions ne se prêtre que très maladroitement à des jugements sur la valeur positive ou négative de cette association. Ma question est entière : en pouvait-il en être véritablement autrement. En fait, plus qu’on ne voudrait l’admettre, l’existence humaine intègre généralement en un seul tout, tous les éléments de son activité. Ainsi, aussi divergents qu’ils puissent paraitre : la guerre, la diplomatie, la religion et  l’économie sont des entreprises liées dans l’économie des hommes et des états. Leur distinction est plus artificielle que réel.
Quel que soit le cas il faut noter que même si elle apporta un coup de pouce logistique et parfois politique à l’expansion missionnaire, la colonisation laissa plus de traces négatives sur la mission chrétienne que de bien.

Comment l’église a-t-elle favorisée la colonisation ?

La contribution politique et tactique

Vers la fin du 18 e siècle, un certain nombre de missions occidentales en Afrique entrevoyaient l’administration européenne de l’Afrique au travers de la colonisation comme pouvant apporter un coup de pouce à la résolution de certaines difficultés.
Il faut noter par ailleurs qu’un certain chauvinisme ou une certaine forme de nationalisme poussera aussi certaines missions à favoriser l’expansion du pouvoir de leur pays d’origine sur le lieu de leur travail plutôt qu’un autre.
Ainsi donc l’intelligence dont disposaient déjà les missions sur les peuples à coloniser ne pouvait qu’être bénéfiques aux envahisseurs. Cependant, dans aucun autre cas à part celui du Malawi, l’histoire n’a pas documenté de façon évidente que la mission ou l’église ait utilisé sa présence pour attirer ou favoriser le christianisme.
Le Malawi fut le seul cas clairement documenté ou la mission a invité un gouvernement a annexé un territoire. Les mobiles de cette initiative et de la collaboration pour sa réalisation étaient de manière surprenante tout aussi nationaliste qu’anticolonialiste dans un certain sens.
En effet, en 1875 lorsque la Livingstonia Mission of the Free Church of Scotland et le Blantyre Mission of the Church of Scotland (en 1876) s’installèrent sur les côtes du Sud de l’Afrique leur objectif était d’apporter aux populations du territoire la foi et le bénéfice de la civilisation occidentale.  Cette noble vision sera confronté malheureusement à l’avancée d’une part des razzia esclavagistes Kiswahili et d’autre part de la percée Portugaise qui portait un risque fort de mettre en difficulté ces objectifs.
Malheureusement, Le premier Ministre de l’époque Lord Salisbury, n’aura les moyens politiques et logistiques de répondre à cette invitation que grâce à l’impulsion impérialiste de Cecil Rodhes dont le rêve était d’annexé l’Afrique de l’est du Cap jusqu’au Caire à la couronne d’Angleterre. L’initiative des missionnaires aura malheureusement tourné à ce qu’ils n’espéraient pas.

L’influence indirecte

Il est aussi possible d’affirmer ainsi que les Le message pacifiste de l’évangile fut parfois mis en exergue pour limiter la révolte des populations. Il est de même vrai que certains monarques impérialistes ont vu en ce message une bonne tactique de pacification et d’avilissement de l’élan nationaliste qui aurait pu entrainer des résistances.  (Le discours du roi Léopold II aux missionnaires au Congo. Cependant, à cause du caractère pacifiste de l’essentiel du message évangélique il est difficile de savoir s’il a été volontairement tordu à certains endroits pour asservir les peuples christianisé.  Rien ne permet d’écarter cette hypothèse. La Bible mentionne l’avènement parmi les serviteurs de Dieu, de faux prophètes et de faux docteurs aux mobiles non spirituels. Ils ont existé tout le long de l’histoire de la Bible.
 Par ailleurs, nous devons reconnaitre que la nature de leur vocation donnait plus de zèle aux missionnaires et plus de proximité avec les indigène que n’aurait pu le développer le personnel des administrations coloniale seule. Cette proximité favorisera dans plusieurs cas volontairement ou non l’accès aux « indigènes »

Comment la colonisation a-t-elle favorisée la christianisation

Le soutien passif

Il faut reconnaitre les efforts missionnaire d’avant la colonisation malgré leurs mobiles et résultats douteux étaient des entreprises quasi héroïque en considération de leur contexte.
A titre d’exemple, dans les annales la mission des Capucins qui étaient la mission la mieux organisée de l’époque au Kongo et en Angola, l’on retient que des 91 missionnaires envoyés entre 1672 et 1700, six ont péri pendant le voyage, 49 sont morts sur le champ de mission et seul 36 pouvait revenir dans leur pays après sept an ou moins de travail en Afrique.
Par ailleurs, à partir du 19 e siècle les difficultés rencontrées par certaines missions sur certains fronts d’une part sur le plan politique et matériel et les dommages que posait la traite négrière d’autre part avait créé un sentiment ambiant du besoin de la force et de la coercition militaire pour résoudre certains problèmes que rencontrait la mission.
Cependant plus que l’éradication des maux politiques qui influençaient la vie de l’église, la colonisation lui a donné surtout les moyens logistiques, techniques et financiers pour voyager et une foi en Afrique, avancé vers les zones difficiles.
En effet la page Missions catholiques au XIXe et au XXe siècle. (2012, mai 3). Wikipédia, l'encyclopédie libre. Page consultée à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Missions_catholiques_au_XIXe_et_au_XXe_si%C3%A8cles&oldid=78292453 n’hésitera pas à déclarer qu’: « à partir de la fin du XIXe siècle, [et] Pendant presque cent ans, la colonisation a procuré aux missionnaires une sécurité qui leur a permis d'accéder à des régions autrefois inexplorées et inconnues. C'est pendant la période coloniale que les missions [catholiques] engrangeront les bénéfices de leurs douloureux débuts des temps héroïques de la première moitié du XIXe siècle. » Elle continue en apportant ces précision : « Pie XII le rappellera, dans l'encyclique Evangelii Praecones : en 1926 on comptait 400 Missions ; actuellement on en compte 600 »  montrant bien que l’impact de la colonisation dans l’avancée de la mission (catholique) fut effectivement très forte.

Le soutien actif

En marge de ce soutien qui pourrait être considéré comme une réponse au besoin même des missions, il est aussi documenté à plusieurs égards que le colonisateur a vus aussi l’opportunité de l’utilisation de la religion comme instrument de domination comme pouvant jouer en sa faveur. Cet état de chose n’est pourtant pas le seul exemple dans l’histoire des religions ni dans celui du christianisme. L’expansion du Christianisme en Europe peut être aussi liée à ce phénomène.
En Afrique la lettre du Roi Léopold aux missionnaires belges est souvent

Conclusion

La colonisation occidentale de l’Afrique a contribué de manière logistique à la christianisation à laquelle elle a aussi assigné à certains endroits ses objectifs impérialistes. En effet, les moyens impérialistes mis à contribution pour la conquête de l’Afrique permettaient aux missionnaires aussi de pénétrer l’hinterland d’une part. D’autre part, le pouvoir politique de la métropole donnait parfois aux missions l’autorité d’œuvrer dans des zones où les forces politiques autochtones ne permettrait pas leur œuvres.

Analyse de l’intégration colonisation-christianisation

Etudes de cas

Cas (1) : L’œuvre du missionnaire indépendant

Un missionnaire indépendant se rend sur un terrain d’évangélisation. Il veut servir Dieu, il ne veut avoir aucune attache politique. Apres un temps de travail plus ou moins fructueux ; une période de crise sociaux, politique ou économique émerge. Les populations sont en guerre civile et il doit assurer sa protection. Il se tourne vers la représentation de son pays. Ceci lui font un piètre accueil parce qu’il ne travaille pas dans le système. Le pays est en crise avec son pays. Les populations révoltées interprètent les églises qu’il a implantées, les bases missionnaires comme un moyen de présence de son pays. Il doit fuir pour sa vie. Il s’adresse à sa représentation. Ils lui demandent de les aider à comprendre les autochtones pour mieux solutionner le problème à leur avantage. S’il refuse, c’est la trahison. S’il accepte, il participe à l’impérialisme, mais au moins les forces coloniales présentes peuvent assurer la sécurité des églises et des œuvres de la mission. Une crise économique frappe le milieu et lui-même est à court de ressources parce qu’il n’a pas de soutien institutionnel. Il se tourne vers tout ce qui peut aider à la survie de l’œuvre. Ils lui reprochent d’avoir voulu travailler hors du système. Ils lui proposent le soutien de la représentation que lui aussi doit soutenir en fournissant les informations dont on a besoin pour explorer les tréfonds de du pays en vue d’en connaitre les ressources qu’on peut exploiter pour multiplier les moyens. Qu’est-ce qu’il doit faire ?

Cas 2 : L’œuvre du missionnaire au service d’un état

Un missionnaire est envoyé par le roi de Belgique avec l’équipe de la délégation royale pour la conquête et la civilisation du milieu. Grace à l’appui logistique de cette délégation et grâce à sa force économique. Il arrive facilement à implanter des écoles dans lesquels entre autre on christianise les enfants, des hôpitaux missionnaires qui présentent une force religieuse positive pour le christianisme et des églises naissent sous l’autorité directe du chef de l’église de Belgique. Grace à cette présence positive, les populations sont aussi plus ouvertes aux idées des colonisateurs qui se présentent en bienfaiteurs et sont plus facilement soumis à lui. Le missionnaire a-t-il accompli la grande commission ? Pourquoi ?

Conclusion

Les mobiles qui font pénétrer une religion dans de nouveau sont rarement uniquement religieux. L’Islam est lui-même un des témoignages les plus forts de cette réalité. Il est possible de dire que le succès de la mobilisation humaine qui fut à la base de son expansion est motivé plus par la conquête politique que la conviction religieuse. Le Christianisme n’y a pas échappé non plus. Tout au long de l’histoire de l’église nous voyons plusieurs mouvements christianisateurs fondés sur des mobiles politiques ou économiques. 
L’Evangile s’est répandu en Occident au travers des fibres de l’Empire Romain. C’est de cette œuvre que naitra plusieurs entreprises missionnaires vers les terres non conquises.
Néanmoins, l’église a précédé la colonisation a porté dans son message des valeurs différentes et plus élevées que celle de la colonisation (dans certains cas la colonisation fut un frein à l’expansion de l’évangile. Ex. parmi les Kabyle et les Berbères (Algérie) : « Pour expliquer la difficulté à convertir et le bilan décevant des conversions plusieurs raisons sont évoquées : les entraves posées par le gouvernement général sur l’action missionnaire en rappelant les vexations subies par les Jésuites de la part des officiers des Bureaux arabes. » (http://w3.ens-lsh.fr/colloques/france-algerie/communication.php3?id_article=272)
Il faut aussi reconnaitre que plusieurs missions de la période coloniale ont adopté une déontologie de travail très élevée les plaçant au-dessus des velléités coloniales : « Les disciples du père Libermann avaient reçu des directives assez sévères Faites-vous nègres avec les nègres, pour les former comme ils doivent l'être, non à la façon de l'Europe, mais leur laissant ce qui leur est propre. » Ainsi donc même avec la colonisation l’église avait aussi très compris l’importance de la contextualisation du message et de la nationalisation de la direction des églises d’Afrique
Par ailleurs assez souvent, l'administration sous-traite le social, éducation et santé, qu'on appelle maintenant le développement, aux missions, un peu de la même façon, pourrait-on dire, que de nos jours les États des pays riches sous-traitent le développement aux ONG. Ces aspect, « positifs » de la colonisation et qui constitueront aussi la racine des mouvements de décolonisation auraient-ils été possible sans l’église ?
Aujourd’hui, l’église a survécu la décolonisation montrant que d’une certaine manière son institution surpasse celle de la colonisation –
« De fait, l'attitude prudente de l'Église sera couronnée de succès : en général, le mouvement de décolonisation et l'accès à l'indépendance ne s'accompagnera pas d'une réaction de rejet de la religion qui aurait pu être considérée comme un héritage non désiré des colonisateurs. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Missions_catholiques_au_XIXe_et_au_XXe_si%C3%A8cles)
Dieu peut utiliser n’importe quel outil pour son travail. 

2 commentaires:

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    Il conviendrait donc de le purger.

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