L’église africaine de l’ère apostolique


Pendant l’ère chrétienne

Il est aisé, mais aussi important d’établir dès le départ que la foi chrétienne a pénétré l’Afrique au travers des œuvres des Apôtres. Il est difficile qu’il en soit autrement vu le rôle prépondérant que joua le nord de l’Afrique pour le judaïsme à l’orée de notre ère. Au premier concile de Jérusalem, reporté dans Acte 15 l’Apôtre Pierre s’est identifié lui-même comme apôtre envoyé vers les juifs. Il n’est donc pas étonnant d’imaginer Pierre en mission, soit personnellement soit au travers de son disciple Saint Marc, l’évangéliste qu’il s’intéresse à l’importante diaspora juive d’Egypte. Les traditions que reportent Eusèbe sur l’évangélisation de l’Ethiopie sont exprimées également par plusieurs sources qui se recoupent aisément. Quelles furent donc ces premières œuvres chrétiennes africaines connues?

L’Eglise Copte[1] en Egypte 

Selon la tradition chrétienne, Saint Mark l’évangéliste, cousin et disciple de l’apôtre Pierre a apporté l’évangile en Egypte. L’évêque Eusèbe de Césarée, un historien romain qui vécut de 263 à 339 de notre ère, entérine cette version. Il atteste aussi que Mark aurait fondé le diocèse d’Alexandrie et ordonné le premier évêque Annian en 62 de notre ère avant d’y connaitre le martyr.
La découverte de plusieurs textes anciens (évangile de Jean) datant de l’an 100 AD témoigne de l’effectivité de l’existence de cette communauté chrétienne. Plusieurs autres découvertes archéologiques dont les momies exhumé de Fayoum et datées du 2e siècle démontrent de l’existence d’une foi chrétienne active. Certaines portaient sur leur sarcophage les peintures chrétiennes les plus vieilles de l’histoire de l’humanité et apportent des éléments important dans la documentation de cette communauté chrétienne africaine de l’époque apostolique.
Pour finir la Bible nous parle d’un membre de renom de cette communauté : Apollos d’Alexandrie (Actes. 18 :24 ; 1 Cor 3 : 4-7).
Au travers de ces témoignages bibliques, il est attesté sans crainte, que le Christianisme a donc pénétré l’Afrique avant l’Europe. (Actes 16 : 9-12). L’Afrique a été chrétienne plus longtemps que ne l’a été l’Europe.

Église éthiopienne orthodoxe d’Ethiopie

La Bible nous rapporte l'œuvre évangélique du diacre Philipe qui, poussé par l’Esprit alla à la rencontre de l’Eunuque Ethiopien quelques temps après l’ascension de Jésus et lui annonça le salut en Jésus Christ (Actes 6). Origène est un des plus grands théologiens, philosophe et enseignant chrétien de l’époque a rapporté une tradition selon laquelle cet Eunuque fut le premier évangéliste parmi les Ethiopiens parmi lesquelles il fit naitre une communauté. Ayant vécu entre 185 et 254 ; il était né de parents chrétiens en Alexandrie (Egypte) où il exerça la plus grande partie de son ministère.
Néanmoins, la tradition la plus certaine établira que Saint Thomas, l’apôtre, a exercé son ministère apostolique en Ethiopie où il a fondé cette église qui existe encore de nos jours. (Il n’y pas de grande contradiction à que Saint Thomas est reconnu comme l’apôtre des Indes. En effet pendant plusieurs siècles l’Ethiopie furent considérés comme la partie occidentale de l’Inde.)

Avant l’Age des ténèbres

Des années après ces premières activités apostoliques qui ont débouchée sur la naissance de ces premières églises chrétiennes en Afrique, le continent a connu une riche floraison spirituelle chrétienne avant le Ve siècle.

Une Egypte chrétienne

En effet, l’évêque Démétrius initia l’œuvre missionnaire parmi les populations autochtones d’Egypte vers 190 AD. Elle connut un grand succès. Ainsi, vers 250AD déjà, l’église copte disposait d’une liturgie et d’une riche littérature chrétienne et avait la Bible déjà en 350. Plusieurs Chrétiens copte choisirent de donner leur vie en Martyr (250AD) plutôt que de renier leur foi sous la persécution de Sévère. Il est possible, selon plusieurs historiens chrétiens, de déclarer qu’au 4 e siècle, toute l’Egypte pouvait être considérée comme une nation chrétienne.

La richesse chrétienne du Maghreb

La région du Maghreb actuel comprenant le Maroc, l’Algérie et la Tunisie ainsi que la Libye sont territoires originellement peuplés de tribus berbères. Elle a subi l’influence de diverses colonisations : une colonisation Carthaginoise sur le littoral maghrébin (7e au 2e siècle BC), la colonisation Grecque de la région de la Cyrène dans le territoire se situant dans le Nord-Est de la Libye actuelle (5e au 1er BC), la Romaine (146 BC-430 AD), la Vandale (430-533AD) et la Byzantine. Pendant la période précèdent le 6e siècle elle fut une région activement chrétienne, comptant même jusqu’à six cents évêchés au Ve siècle et de grands théologiens dont Clément d’Alexandrie (150 – 215) et Origène (185 –254) qui naquit de parents chrétiens en Alexandrie (Egypte). Plusieurs congrégations monastiques chrétiennes on fleurit en Afrique dans la partie nord et l’est.

Une floraison de théologiens

Plusieurs théologiens les plus féconds de l’histoire du Christianisme, dont Saint Augustin, et Saint Athanase, Père Africain de l’Eglise furent  issue de cette église Africaine. Leur influence est encore déterminante dans le dessin de l’identification de l’Afrique.  


[1] Le mot copte c’est l’arabisation du mot Egypte. Il fut utilisé par les arabes au moment de l’invasion islamique pour désigner la population chrétienne. Il a aussi désigné la population indigène/autochtone/ non hellénisé d’Egypte qui vit dans les provinces dans le Sud de l’Egypte. Aujourd’hui ce terme s’applique à l’Egypte non islamique.

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