Entre le 15e et le 19e
siècle
Une expansion du christianisme à
double causalité : le Padroago et la Conquista
Depuis l’Empire
Romain une certaine association de la royauté et de la religion a existé en
Europe et a perduré après son déclin. Même si cette association a créé un bras
de fer entre certains Pape et représentant de l’église et ceux de la monarchie,
plusieurs monarques se reconnurent des prérogatives et devoir religieux qu’ils
associèrent intrinsèquement dans leurs œuvres.
Cette thèse est démontrée
les recherches du Professeur Paul Kleber Monod, publiée récemment dans :
« The Power of Kings: Monarchy and Religion in Europe, 1589-1715 ».
D’ailleurs, cette association trouvera une intégration et légitimation forte
dans le « Padroago », une série d’édit Papaux, reconnaissant des
prérogatives religieuses des rois du Portugal et de l’Espagne. Ces édits les
établissent chefs de l’église et maitre de la mission dans tous les territoires
couverts par leur expéditions. Ils n’étaient en fait qu’une reconnaissance
entérinant l’élan explorateur du Prince du Portugal Henry le Navigateur qui les
initia dans l’esprit de poursuivre les croisées pour l’anéantissement et la
soumission des infidèles (Maures particulièrement). Les connaissances et
découvertes faites au travers de ces expéditions transformeront l’expédition en
une quête commerciale dans laquelle les rois du Portugal et de l’Espagne auront
le devoir de poursuivre premièrement l’évangélisation des terres conquises et
le droit de poursuivre les activités commerciales dans leur intérêt.
Il n’est donc pas
aisé de porter un jugement de valeur objectif sur la nature de la
christianisation opérée dans cette période, ni d’ailleurs cela ne semble-t-il
pertinent.
Ce qui est
certain c’est que ce contexte particulier marqué spécialement à partir du 15e
siècle donne le ton pour le début d’un nouvel élan d’intérêt
évangélique/christianisatrices vers les terres inconnues avec les premières
explorations.
L’association du
commerce et de l’évangélisation marquera profondément l’œuvre de cette période.
En réalité dans plusieurs cas l’affectation de prêtre et de missionnaires aux
territoires qui en demande ou en ont besoin pour l’expansion de la foi sera
faite sur la base des richesses qui peuvent être exploités sur le territoire
pour la couronne et les commerçants portugais. Ainsi des territoires de
l’intérieur de l’Afrique tel dans le royaume de Warri frontalier avec le
royaume foncièrement païens du Benin, dont les rois luttèrent pour faire assoir
la foi Chrétienne et l’étendre se heurta au manque de missionnaire dû au fait
que le territoire était pauvre.
Par ailleurs,
l’avidité de ces commerçants constitua à certains endroits un témoignage si
négatif que les Africains qui recevaient l’évangile avaient du mal à le vivre
ou le vivaient en imitation des mauvaises pratiques des
commerçants-missionnaires. Ces réalités ont vite fait de créer la
généralisation de la conception séductrice et hypocrite du caractère des
occidentaux et d’affaiblir la capacité de ceux parmi eux qui voulait établir la
vraie foi au sacrifice de leur vie.
La méfiance
généralisée qui s’installa dans certains royaumes en contact avec les
navigateurs portugais, se confirmait malheureusement à plusieurs reprises. En
effet, à chaque fois que l’approche douce de la Christianisation ne marchait
pas pour leur permettre d’entrer en possession des riches des territoires
visités, les visiteurs (commerçants, missionnaires) occidentaux n’hésitaient pas à prendre les armes pour
achever le travail, mettant en attente les missionnaires envoyés en renfort à
l’évangélisation.
Les grandes
œuvres de cette période incluront :
-
De
1498 à 1729 les prêtres portugais ont œuvré sur les côtes d’Afrique de l’Est
établissant des comptoirs et christianisant dans une atmosphère de guerre
sainte contre aux arabes musulmans. Ceux-ci initialement pacifique réagissent
pour protéger leur commerce et leur religion.
-
En
1556 : Une délégation de Jésuite œuvrait auprès du Négus d'Abyssinie,
-
Entre
1560 e 1835 des missionnaires Jésuites, Franciscains, Capucins et Carmélites
œuvraient dans les extensions nord et sud Est du royaume, c’est-à-dire les
royaumes d’Angola, de Matamba, de Ndembo, Nzuku, Kwangu avec des succès variés.
L’œuvre la plus distinguée fut la tentative Jésuite de créer un village
chrétien
-
Les
dominicains en 1577 et les Jésuites en 1607ont œuvré dans le royaume de
Monomotapa jusqu’en 1835
-
De
1621-1661 les Jésuites (Gonsalo da Silvera) initièrent une œuvre dans le
royaume de Monomotapa (Mwene Mutapa) dans les territoires actuels du Zimbabwe
et de la Mozambique sous l’invitation de l’empereur. Tiraillé entre le désir de
s’assurer les richesses du territoire et la crainte d’indépendance en cas de
conversion du roi les prêtres reçurent quand même l’ordre d’évangéliser les
populations de crainte de les voir tomber sous le joug du judaïsme ou de
l’islam. Cette œuvre qui fut considéré comme un succès vers 1660 s’avéra
fragile et superficielle laissant les croyants avec une grande partie de leur
croyance traditionnelle ainsi que le révéla le Fr. Fernandes qui lui
succéda.
-
Entre
1645 et 1692 des capucins italiens envoyés par la Propagande, œuvraient auprès
du roi du Congo,
Une expansion initiée de
l’intérieur : Le Prêtre et Monarque John.
Il est important
de noter que les initiatives christianisatrices de l’Afrique ne naquirent pas
seulement de la bonne volonté des monarques européens mais plutôt de l’appel
pour l’évangile lancé depuis l’intérieur de l’Afrique.
En fait, dès les
années 1165, une certaine lettre, écrite par un grand prêtre et monarque
africain le légendaire Prêtre John circula en Europe. Ce fut le déclic d'un
intérêt particulier, désintéressé et fraternel en vue de répondre à
l’invitation d’un monarque africain frère en vue de résister contre l’invasion
islamique et de reconquérir les terres chrétiennes à Dieu.
Nous n’allons pas
nous attarder sur les tenants et aboutissants de l’appel de ce personnage clé
et entouré de légende que fut le Prêtre John. Il nous suffira simplement
d’indiquer que cet appel fut en fait le déclic qui vit naitre du Portugal des
initiatives vers l’Afrique et permirent de découvrir de nouvelles voies dans la
poursuite du chemin vers l’Ethiopie, considéré comme la partie ouest des Indes.
L’attraction qu’exerçait la menée de croisées libératrices de l’Afrique permis
au prince Henry de mobiliser les ressources dont il avait besoin pour de
nouvelles expédition et le soutien de la papauté.
Une expansion initiée de
l’intérieur : Le Roi Afonso du Kongo
L’histoire la
plus marquante de l’expansion du Christianisme en Afrique subsaharienne fut la
christianisation du Royaume du Kongo et sa floraison sous le règne grand Roi
Afonso du Kongo (Mvemba Nzinga).
La pénétration du
Christianisme dans cette partie de l’Afrique, la plus profonde jusque-là, fut
l’initiative du Roi Nzinga Nkuwu père d’Afonso qui lui succédera.
Vers l’an 1482,
le royaume du Kongo fut en émoi après qu’il fut rapporté qu’une grande
embarcation maritime transportant des hommes blancs venant de l’autre côté de
l’océan a accosté sur les côtes du Kongo. En fait, selon la tradition
Kongolaise, les ancêtres de la tribu vivaient de l’autre côté de la mer, avec
un corps transformé en blancs. Le fait que des personnages remplissant les critères
de cette tradition furent aperçus nécessita naturellement plus d’enquête en vue
de comprendre le genre de présage que cela constituait. C’est donc, dans un esprit
d’assumer ses responsabilités de garant de la religion traditionnel que le Roi
Nzinga Nkuwu, petit-fils du fondateur du Royaume du Kongo (Ntinu Wene) décidera
de s’intéresser à découvrir le territoire de ces hommes.
Il fallut
attendre trois ans plus tard en 1485 pour qu’un nouveau bateau puisse accoster.
Cette rencontre qui fut mouvementé se solda par l’échange
« d’otages » : quatre évangélistes portugais furent retenus au
Congo et le capitaine du bateau pris lui aussi quatre otages Kongolais avec lui
pour le Congo. Cependant de part et d’autres les « otages » furent si
bien traité que l’évènement cella une ère de conversion avec l’annonce de
l’évangile par les 4 congolais converti à Lisbonne et ayant appris la langue et
la religion chrétienne. Le Roi se rendra lui-même à la tête d’une délégation de
diplomates à Lisbonne en 1488 après que lui-même converti et affermi à la foi
fut baptisé.
La foi chrétienne
connue une grande floraison sous le règne de son Fils Afonso dont la vie et la
gouvernance fut profondément fondé sur une foi chrétienne, inébranlable et un
témoignage qui lui valut d’être perçu par certains prêtres portugais en poste
dans son royaume comme un ange envoyé de Dieu sur ce royaume pour le conduire à
LUI.
La vie d’Alfonso
est passionnante et pleine de leçon en lui-même pour la chrétienté africaine.
Nous n’aurons malheureusement pas d’espace dans cette conférence pour nous
étendre sur sa vie. Néanmoins, il faut noter que plusieurs épreuves furent le
partage de ce roi jusqu’à sa mort : les tenants de la religion
traditionnelle ralliés autour de son frère ; l’hypocrisie et la cupidité
des portugais à qui la politique d’Afonso avait fait large ouverture et
celles des mauvais missionnaires envoyés par le Portugal. Afonso souffrit
longuement ces écarts qui étaient pour lui plus difficile à supporter que les
attaques des tenants de la religion traditionnelle. Il mourut dans la foi,
trois ans après avoir miraculeusement échappé à un coup d’état fomenté contre
lui par ces portugais avide de le remplacer par une marionnette plus favorable
à la traite négrière devenue la nouvelle source de richesse.
L’ère des missions protestantes
Entre 1792 et
1842 les protestants seront particulièrement les seuls sur le terrain de
l’évangélisation de l’Afrique. Cette situation est liée d’une part au refroidissement
de la mission au sein de l’église catholique et au réveil protestant d’une part
et d’autre part à la figure singulière de William Carey et du mouvement
missionnaire que sa passion pour la mission fit naitre parmi les protestants.
Ainsi donc,
l’Afrique aura droit aux œuvres d’une bonne dizaine de missions protestantes
dont : La société missionnaire Baptiste fondée par W. Carey lui-même en
1792 ; la London Missionary Society (LMS), fondée en 1795 ; la Scottish
Missionary Societies (1796) ; la Church of Scotland Mission (CSM) et
la Free Church of Scotland Mission (FCMS) qui fondèrent Les Eglises
Presbytérienne d’Afrique, la Wesleyan Methodist Missionnary Society
(1813) ; les Universities’ Mission to Central Africa (UMCA) (1858).
La grande partie
des œuvres missionnaires protestantes de l’époque étaient d’obédience
évangélique.
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