Les défis de l'association Eglise-Colonisation


Quels sont les défis que pose l’association de l’évangélisation de l’Afrique avec la colonisation pour l’église en Afrique aujourd’hui ?

Le paternalisme de l’occident est encore visible au sein de l’Eglise africaine d’origine occidentale


A ce sujet il faut distinguer entre l’église Africaine d’origine occidentale, l’église Africain d’origine orientale et les églises initiées en Afrique. Ce constat s’observe en fait dans les premières.

Un clergé étranger pour la mission africaine

Il faut reconnaitre aux portugais un engagement particulier à susciter un clergé Africain partout où ils installaient leur mission depuis le 15e et jusqu’au 17e siècle. La grande majorité de ce clergé était formée dans des écoles portugaises à Sao Tomé, ou Luanda avec quelque rares prélats formé à Lisbonne.
L’emphase sur l’indigénisation du clergé n’était donc pas généralisée mais plutôt limitée avant la colonisation. Plus que cela, la formation qui fut décentralisée en Afrique pour éviter les dangers des voyages en mer vers occident, n’était pas de bonne qualité. Il est reconnu également,  que, plutôt que les meilleurs, l’occident envoyait la pègre de son clergé en Afrique. La vie souvent immorale de ce clergé-laïque se transmettait for rapidement aux prêtres Africains. Ainsi, il existait bien, par l’initiative des missions portugaise près 207 prêtres et évêques chrétiens Africains à cette époque (Antonio Brasio) et probablement quelques autres d’ailleurs.
Cette tendance va changer après la colonisation avec d’autres missions reconnaissant le besoin de la formation du clergé africain et investissant en qualité.
Quoiqu’il en soit, qu’ils fussent de bonne ou mauvaise qualité le constat le plus difficile c’est qu’ils furent toujours en quantité très insuffisante par rapport au vrai besoin.
Le besoin missionnaire africain était donc couvert dans sa quasi-totalité par les missionnaires occidentaux sont la domination est demeuré incontestable.

Un leadership et une culture occidental sur la mission Africaine

Il y a un constat difficile, mais encore vivace surtout dans le monde francophone aujourd’hui. Bien des siècles après les premières expansions missionnaires de l’occident et le mouvement missionnaire de la colonisation, la grande partie de l’autorité sur la mission en Afrique est encore détenue par des missionnaires occidentaux ! C’est un constat dur et véritablement inacceptable qui fait douter du succès de la mission dans cette Afrique-là.
D’aucun voudraient le voir comme une survivance de la mentalité impérialiste occidentale dans l’église. Rien n’est à écarter. En effet, pendant la première guerre mondiale, les missionnaires étrangers furent obligés de quitter leurs bases. Cependant même lorsqu’à la fin de la guerre qui permit leur retour le constat fut que la mission n’a pas dépérit mais à plutôt crut dans les mains des catéchistes africains, les missionnaires occidentaux ne virent pas l’opportunité de passer la main mais reprirent leurs positions ; laissant ainsi à l’histoire des questions sur leur mobiles dans l’évangélisation.
Quoiqu’il en soit, une observation approfondie laisse paraitre ces questions : « est-ce vraiment un élément de l’impérialisme colonialistes ; ne serait-ce pas aussi simplement la manifestation de la chair, notre humanité déchue. Cette question est justifiée. En effet, il est remarquable qu’aujourd’hui encore plusieurs missions originaires d’Afrique aient aussi du mal à rendre le leadership aux chrétiens locaux ; d’une partie du continent à une autre !
Cependant, il va sans dire qu’en Afrique, ou ailleurs un leadership local bien préparé et la contextualisation de la mission et de l’église est possible et présente un grand avantage pour le développement de l’église et l’avancement de la foi.

Un financement occidental sur la mission Africaine

Nous avons noté l’association entre la poursuite d’intérêts économiques et de la christianisation au cours de la période allant du 15e siècle et traversant la période coloniale. De ce fait, même si l’occident finança les expéditions missionnaires envoyées en Afrique, il est possible de se dire que ce financement était récupéré par la main basse qu’elle faisait sur les richesses du continent. Que ces richesses africaine mal acquise profitassent aux gouvernements occidentaux ou à leur clergé n’est pas pertinent ici, puisque le financement venait également des deux.
Pourtant, force est de constater que même après les indépendances une bonne partie des initiatives christianisateurs Africain a continué à être financé par l’occident en faveur des pays « pauvres ». Le lien entre l’exploitation néo-colonialiste et le retour  des fonds au travers d’œuvre caritative peut être mentionné. Cependant, il n’écarte pas la réalité, de plus en plus décriée, d’une dépendance en faveur d’un occident donateur et en défaveur d’une église africaine réceptrice. Cette tendance change dans plusieurs dénominations mais est toujours réelle dans le domaine de la mission en général. Est-il possible de parler de la survivance de l’élan initié dans les mouvements précoloniaux et coloniaux d’évangélisation par l’occident ? Rien n’est moins sûr.

Conclusion

Il est souhaitable qu’une intégration plus interdépendante s’installe dans l’église africaine et celle de l’occident. L’église Africaine doit tendre à établir un cadre d’échange égalitaire avec son église mère d’occident dont elle est aujourd’hui partenaire. Elle doit penser à lui fournir ce dont cette dernière a besoin et dont elle dispose abondamment et demeurer ouverte à recevoir ce sa sœur d’occident a encore à offrir de précieux au Royaume de Dieu et à son expression planétaire. Il faudrait essentiellement en finir avec toute forme de dépendance. Il va sans dire qu’en Afrique, un leadership africain et un financement africain est possible et présente un grand avantage pour le développement de l’église et l’avancement de la foi.
C’est une conviction qui a existé bien avant même la période coloniale. Le principe était acquis et solidement énoncé par le théologien anglican Henry Venn (1796 -1873). Il est l’auteur de la notion de de l’auto-euthanasie de la mission qui établit bien le besoin à la mission [étrangère] de voir son rôle comme devant disparaitre terme pour laisser place à une église autochtone. Il a établi le principe du but de la mission comme étant de créer des églises  ‘autogérée’, ‘autofinancée’ et ‘auto-propagée’.  Ces vues reprenaient aussi les convictions du vénérable théologien Catholique François Marie Paul Libermann[1], (1802-1852). Elles furent adoptées par plusieurs congrégations missionnaires catholiques et protestantes. Cependant, la lenteur de sa mise en application fut probablement un des éléments les plus négativiste de la mission. Elle a inquiétée et soulève parfois des suspicions justifiée parmi les leaders chrétiens africains ainsi que leur gouvernement et atteint mortellement la confiance que certains africains ont dans les missions occidentales.
Aujourd’hui, dans un contexte de globalisation ou dans un monde qui ressemble de plus en plus à un village planétaire, beaucoup de chrétiens reconnaissent que le plus important n’est pas que le leader soit africain ou occidental, mais simplement qu’il soit le bon ; que le financement soit africain ou occidental mais qu’il soit fait dans un esprit d’échange et de soutien mutuel et non de paternalisme.

Le Christianisme est vu comme une religion de l’Occident et associé à ses maux


La religion des hommes éduqués selon le système occidental

Le fait que le Christianisme soit décrit comme une religion de l’occident est plus souvent l’œuvre de ses détracteurs malhonnête que de critiques honnêtes. En effet, qu’elle se localise en Afrique ou ailleurs le Christianisme trouve son origine dans la terre de son fondateur, Jésus Christ, la Palestine ou la première église naquit vers l’an 50 AD. D’où provient une telle distorsion ?
Il n’est pas juste de la rattacher uniquement à l’influence de l’association du mouvement missionnaire et de la colonisation au 19e siècle. Cependant, le concept trouve facilement des adhérents dans le fait de la forte présence d’éléments de la culture occidentale dans l’église africaine issue de l’œuvre des missions européennes. La persistance de ces éléments sont probablement lié au phénomène de paternalisme décrits plus hauts  mais aussi à d’autres éléments provenant des africains eux-mêmes.  Les conséquences de cette présentation de l’église affectent souvent l’évangélisation de plusieurs manières. Cette histoire en donne un exemple.
Un missionnaire chrétien rencontre un missionnaire islamique dans un village reculé d’Afrique de l’Ouest. Le contexte d’un échange étant favorable une longue discussion s’ensuit entre les deux personnes. Le missionnaire islamique est un homme dévot de la tribu peuhl, une tribu reconnu pour sa rigidité religieuse. Néanmoins, par la grâce de Dieu, après, plusieurs questions, il manifeste une totale adhésion au message de salut annoncé par l’évangile. Alors le premier lui demande: « Pourquoi ne deviendrait-tu pas chrétien aujourd’hui » ?- Sa réponse mélancolique fut étonnante. « Je voudrais bien, mais moi je n’ai pas été à l’école ! ».
Ainsi, pour certains, l’aliénation vis-à-vis des traits de la civilisation occidentale, particulièrement l’éducation est considéré comme une aliénation vis-à-vis de la qualification à appartenir à la foi chrétienne. Le Christianisme serait-il donc la religion à laquelle ont accès les gens éduqué selon le système occidental ? Malheureusement, de telle distorsion du sens du Christianisme sont non seulement à l’origine de refus passif du Christianisme mais aussi à l’origine des mouvements comme le « Boko Haram » qui est caractérisé par un rejet de la culture occidentale plus que du christianisme lui-même.

L’outil masqué de l’impérialisme européen

Chez d’autres, le Christianisme est associé aux erreurs des colonisateurs. En plaçant le christianisme dans le contexte de faits religieux, Jean Baptiste de la Salle identifie le christianisme comme un fait culturel étranger (occidental) imposé aux cultures africaines sur la règle des trois C. Il déclare sur  « La loi des trois «C» à savoir «Coloniser, Christianiser, Civiliser» n’avait qu’un seul et unique objectif : passer par toutes les voies et moyens pour tromper les africains en vue de s’accaparer de toutes les richesses de leurs territoires. » (http://africnaone.com/?author=20)
Il est donc une mascarade.
Exemple : Extrait du discours du roi Léopold II à l'arrivée des premiers missionnaires au Congo.
« Soyez les bienvenus dans cette grande partie "Congo-Belge". La tâche qui vous est confiée à y remplir est délicate et demande beaucoup de tact. Prêtres et Pasteurs, vous venez certes pour évangéliser mais que cette évangélisation s'inspire de notre grand principe : "AVANT TOUT, LES INTÉRETS DE LA MÉTROPOLE".


[1] La stratégie de Libermann s’articule autour des trois points : a) envoyer des missionnaires dans les différentes stations de la Côte, d'où ils rayonneront vers l'intérieur du continent ; b) trouver des Frères instituteurs et chefs de métiers pour l'éducation de la jeunesse ; c) former un clergé indigène apte à remplir le rôle d'évangélisateur de son propre pays, avec l'aide des missionnaires. (http://www.dacb.org/stories/non%20africans/f-libermann_francois2.html)

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